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Guinée : Mirage ou malédiction des mines ?

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Qualifiée de scandale géologique, la République de Guinée peine encore à bénéficier des retombées de l’exploitation de ses mines. En dépit des multiples reformes, le secteur minier est loin de satisfaire les attentes des populations qui, partagées  entre incompréhension et frustration, font souvent à des manifestations violentes pour se faire entendre.

La Guinée est dépeinte comme le pays le plus  riche en minerais en l’Afrique de l’Ouest. Son sous-sol recèle d’énormes richesses, notamment la bauxite qui représente les 2/3 de la réserve mondiale. Avec une réserve en or estimé à environ 500 tonnes, elle regorge aussi d’autres minerais non moins importants disséminés dans ses quatre régions naturelles. Autant d’atouts qui devraient pourtant permettre au pays de connaitre l’essor économique prôné au lendemain de son indépendance en 1958. Une réalité sombre dont il convient de considérer comme un mirage ou une malédiction des mines.

Malgré les différentes réformes dont la dernière date de 2011, le secteur minier a encore du mal à répondre aux attentes des populations qui commencent d’ailleurs à se faire entendre violemment. Le cas de Siguiri en 2015 et récemment de Boké sont symptomatiques de cette réalité. Les populations dans leur ensemble et celles des zones minières en particulier  s’interrogent de plus en plus sur  la gestion des revenus tirés de leur sous-sol alors que leur cadre de vie se dégrade visiblement.

La région de Boké offre en exemple typique, l’exploitation d’un demi-siècle des mines de son sous-sol. Les populations de cette région qui attendent toujours les retombées de cette exploitation, sont réduites à se contenter de petits emplois non qualifiés et souvent mal rémunérés. Affectée par la pollution et autres effets nocifs sur l’environnement, la région de Boké recèlerait un trésor de 25 milliards de tonnes de bauxite,  soit un tiers des réserves mondiales.

Comme Boké, la préfecture de Siguiri n’est pas exempte de cette réalité. A  même causes, mêmes effets, les populations de cette zone aurifère par excellence dont le potentiel varie entre 300 et 500 tonnes, ont été déguerpie de leurs terres à coups du fusil dans le cadre  l’extension des opérations de la SAG (Société Anglogold Ashanti de Guinée). Entassées désormais dans un agglomérat qui leur coupe leurs activités vitales, ces populations déguerpies du site d’Area One ne savent plus à quel saint se vouer.

Le gordien du problème… 

Les populations subissent quasi irrémédiablement les symptômes de l’exploitation des mines. Une situation qui justifie à tout point de vue, le bien-fondé de leurs  protestations de plus en plus récurrentes. D’où le dernier rapport de Natural Ressource Gouvernance Institut (NRGI), publié le mois dernier, qui place la Guinée dans le rang des pays « médiocres » en matière de gouvernance des ressources naturelles.

Ce classement de NRGI se base entre autre sur les détournements de fonds versés par les entreprises exploitantes aux communautés riveraines. En 2016 la gestion de la redevance versée par la société RUSAL aux collectivités locales de Kindia avait suscité de vive polémique. Un bras de fer s’était alors déclaré le nouveau président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kindia l’ex préfet de ladite qui s’était accaparé de cette manne financière destinée aux collectivités.

Pour tenter de soigner la mauvaise gouvernance qui mine la gestion des ressources naturelles, le gouvernement guinéen s’est lancé dans une nouvelle reformes sur la base des normes et standards internationaux. C’est ainsi qu’il a tenu en février dernier, une table ronde qui a réuni des experts nationaux issus de divers  horizons afin d’échanger sur la gouvernance minière en Guinée.

Des recommandations ont été faites au gouvernement en vue d’impulser une nouvelle orientation de la gouvernance minière. Mais sept mois après, aucune action d’envergure n’est encore constatée  dans  l’application des pieuses recommandations de la grande table ronde en question. Il n’y a guère que quelques organisations de la société civile à s’investir tant bien que mal pour une gestion responsable des ressources naturelles dans l’intérêt bien compris de tous les Guinéens.

Face à ces multiples problèmes dans le domaine de l’exploitation des mines en Guinée, certains esprits prévenants prônent plutôt le développement de l’agriculture, dont le potentiel est plus à même de permettre le décollage économique de la Guinée.

Fatoumata KANTE

(00224) 621175015

 

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